Le passé industriel

C’est au XIXe que Juigné-sur-sarthe connait des bouleversements avec le développement d’activités industrielles.

L’EXPLOITATION MARBRIÈRE À JUIGNÉ-SUR-SARTHE

Le calcaire de Juigné-sur-sarthe déjà connu sous Charlemagne connait son apogée aux  au XVIIe et deviendra une véritable industrie au XIXe avec l’utilisation de la force hydraulique.
Le marbre extrait à Juigné-sur-sarthe, connu sous le nom de “marbre de Solesmes” ou “marbre de Sablé”, est de couleur gris bleu à l’état brut et gris veiné de blanc après polissage.
Les carrières de marbre se situent sur les côteaux de Port-Étroit, au Rocher bruyant (face à l’île St Clément), à l’Hommeau et au Tertre.
Sur Juigné-sur-sarthe, le marbre est exploité dans deux marbreries :
La marbrerie Saint Clément, construite en 1821, utilisait l’énergie hydraulique.  Des vestiges de cette marbrerie sont encore présents au bout de l’ile Saint Clément.
La marbrerie du Tertre fonctionnait à la vapeur.
Après polissage, il offrait une qualité de marbre réputé dans l’Europe entière : cheminées, mobiliers d’église, escaliers, pavages.
Cette industrie cessera en 1914.

Ce marbre se retrouve massivement dans la région brut ou poli :

  • dans les bourgs : trottoirs, pavés, caniveaux ;
  • dans les fermes : seuils de portes, pavages d’étables ;
  • dans les églises et les manoirs : retables, colonnes, gradins, fonds baptismaux, cheminées, escaliers ;
  • dans les ouvrages civils.

Quels ouvrages renommés :

  • pont de Solesmes ;
  • viaduc de Chantemesle ;
  • l’hôtel Boui de Castellane à Paris ;
  • les cheminées de l’école militaires de Londres ;
  • la restauration des tombeaux royaux à Saint Denis.

L’INDUSTRIE DE LA CHAUX

Pour augmenter les rendements céréaliers (après la révolution de 1830), il est procédé au chaulage des terres acides et humides (productions multipliés par 2 ou 3). Les industriels du marbre et du charbon construisent alors de grands fours à chaux sur les lieux mêmes d’extractions du calcaire.
L’excès de chaulage appauvri les sols et de nombreux fours fermèrent vers 1860.

Des fours à chaux restent visibles à :

  • au Clos Chauvin : un four rond à combustion intermittente et un four carré à combustion continue ;
  • à Port Étroit : 3 fours carrés à combustion continue.

A noter que c’est à Port Étroit, en 1808, que fut construit le premier four sarthois à combustion continue.


L’INDUSTRIE MINIÈRE

La formation du charbon local remonte à la période du carbonifère, il y a environ 290 à 350 millions d’années. La découverte de l’Anthracite remonte à 1809 et aura une répercussion primordiale pour Juigné-sur-sarthe.

De nombreux puits ou descenderies (galeries en pente) furent exploités sur différents sites : Maupertuis, La Roche, la Cochinière, les Saulneries, Bois aux Moines, Pont Besnier, La Ragottière, le Vivier, le Tertre, la Sangunière.

Les plus connues sont :

  • mine de l’Alma (Maupertuis) exploité de 1852 à 1897 avec une seconde tentative de 1905 à 1916 ;
  • mine de la Sanguinière exploitée de de 1917 à 1929 puis de 1943 à 1950 pour les besoins de la Société Kodak-Pathé de Vincennes.

Il ne reste de ce passé que des terrils de déchets charbonneux boisés visibles lors de randonnées sur le “chemin des galibots”, des vestiges de bâtiments d’exploitation et les bâtiments de la Masselière (logement de la direction et bureaux des Mines).


LA MINOTERIE

Le marquis de Juigné-sur-sarthe, pour faire face à l’augmentation considérable des rendements agricoles (chaulage) dans la moitié du XIXe siècle, transforme un ancien moulin en une grande minoterie à l’anglaise fonctionnant jour et nuit. Sa farine très prisée était convoyée par voie d’eau jusqu’à Bordeaux et Marseille.
Ce moulin fut l’un des plus importants de Sarthe (le deuxième). Après avoir été occupé pendant la seconde guerre mondiale, il fut détruit.
Place du moulin restent visibles la maison du directeur, les logements des ouvriers et deux piliers . Les ruines du moulin peuvent être observées du pont allant à  la maison éclusière.